Depuis la création récente (le 9 août
dernier) de ce comité de soutien, nous avons reçu - et ce malgré une
période estivale peu propice à ce genre d'action - de nombreuses marques
de sympathie et d'encouragement de la part de parents, professionnels et
amis. Ces témoignages s'articulent principalement suivant deux grands
axes :
• Une reconnaissance spontanée,
pleine et entière, de l'action de Bernadette Rogé auprès des personnes
autistes, reconnaissance basée sur la valeur de cette action, sur son
efficacité et sur sa durée.
• Un sentiment d'incompréhension
totale, de profonde injustice …et de colère vis-à-vis de la situation
qui lui est imposée. Le cri est unanime: comment a-t-on pu en arriver
là ?
Il est donc devenu urgent d'opposer
aujourd'hui un démenti formel à la thèse « officielle »,
hypocrite dans sa forme et mensongère quant au fond, qui nous est
présentée par certains des acteurs qui ont peu ou prou contribué à son
licenciement : Bernadette Rogé aurait voulu « être chef de
service » (ce qui est de toutes façons impossible, puisque seul un
médecin a la possibilité d'être chef de service en milieu hospitalier
public. Cela, Bernadette Rogé l'a toujours su et ne l'a jamais
contesté). Ceci aurait engendré des « tensions » avec son chef
de service actuel. Ce dernier n'aurait alors eu d'autres moyens que de
lui imposer son départ de l'unité autisme, afin de rétablir le bon
fonctionnement dudit service.
Nous nous inscrivons en faux contre cette
thèse, qui constitue vis-à-vis de Bernadette Rogé un procès d'intention
grossier, et qui sert en fait seulement à dédouaner les pouvoirs
publics : la thèse en question tend en effet à ramener la situation
actuelle à un simple conflit de personnes, à dimension locale et
conjoncturelle, et leur évite de se prononcer sur le fond de l'affaire.
En bref, pas de quoi fouetter un chat.
La vérité est tout autre :
Il ne s'agit pas d'un conflit de
personnes
Les conflits de
personnes, certes inévitables en pareil cas, constituent l'effet et non
pas la cause. Le licenciement de Bernadette Rogé est d'abord le fruit
d'une confrontation entre un milieu psychiatrique local hostile (qui a
en matière d'autisme des compétences faibles et/ou erronées et/ou très
dépassées) et une professionnelle non médecin, à laquelle le milieu en
question reproche surtout :
• D'être compétente (et de mettre
ainsi malgré elle en évidence l'incompétence éventuelle d'autrui en
matière d'autisme).
• De refuser de travailler dans le
quasi-anonymat pour laisser autrui s'approprier les fruits de sa
compétence. Cette compétence pourrait en effet être alors utilisée
sans aucun contrôle de sa part, et elle ne pourrait donc pas agir
au cas où cette utilisation ne serait pas dans l'intérêt des personnes
autistes.
Il ne s'agit pas d'un conflit à
simple dimension locale
• Cette dimension locale n'est
certes pas à négliger, tant au niveau de l'hôpital La Grave (Toulouse)
qu'au niveau régional. Bernadette Rogé fait d'ailleurs l'objet, au sein
du groupe constitutif du futur « Centre de ressources autisme Midi
Pyrénées », avec les mêmes acteurs, d'un ostracisme du même genre.
Il est toutefois bien évident que sa stature de spécialiste
internationale de l'autisme (que personne, y compris ses détracteurs, ne
songe à lui dénier) confère au conflit en cours une dimension qui
déborde largement le cadre local, ainsi qu'en attestent, entre autres,
les nombreux témoignages de soutien que nous avons reçus, de la part des
autres spécialistes internationaux.
Il ne s'agit pas d 'un conflit conjoncturel
Bernadette Rogé subit depuis ses débuts
en milieu hospitalier des tracasseries permanentes de la part du
mandarinat psychiatrique local. La situation n'est pas nouvelle. Ce qui
est nouveau, et donc plus actuel, c'est l'augmentation de la pression
qu'elle a toujours rencontrée, notamment en raison de l'obligation de
travailler dans le quasi anonymat, ainsi que celle de travailler dans un
contexte où elle n'aurait plus eu, à terme, la possibilité de contrôler
la rigueur des services apportés aux personnes autistes qu'elle aurait
eu à rencontrer.
En résumé : Jusqu'à
aujourd'hui, l'action de Bernadette Rogé auprès des personnes autistes
avait été tolérée par le mandarinat toulousain (*), dans la mesure où la
renommée de l'unité autisme au sein de l'hôpital La Grave semblait
pouvoir redorer localement le blason de ce milieu. Il semble que ce ne
soit plus le cas.
Et l'intérêt des personnes
autistes dans tout cela ? Il est évidemment piétiné, et c'est bien
cela que nous ne pouvons accepter.
Notre comité de soutien aura donc à cœur,
sur la base de documents/témoignages précis et circonstanciés, de
rétablir dans le détail la vérité des faits, afin de lutter contre le
« nuage communicationnel » qui tend à masquer les enjeux du
conflit actuel. A cet effet, nous vous proposons pour commencer
un
bref rappel historique concernant l'unité autisme, dont Bernadette
Rogé vient d'être évincée après l'avoir conçue , construite et fait
fonctionner depuis de nombreuses années .
(*) Il existe heureusement, ailleurs en
France (et aussi à Toulouse et en région toulousaine, d'ailleurs, mais
ceux-là n'ont malheureusement pas voix au chapitre) un bon nombre de
psychiatres ouverts, qui ont des connaissances actualisées dans le
domaine de l'autisme, avec qui Bernadette Rogé collabore sans aucun
problème depuis de nombreuses années…et qui ont pour la plupart déjà
rejoint le comité de soutien. Nous les remercions ici pour l'esprit de
solidarité dont ils ont fait preuve, en pareilles circonstances.
Pour le Comité de Soutien (par ordre
alphabétique)
ALBERT Guy
FOUQUET Pierre
GEZE Jean-Louis
PINEL Raymonde
TREHIN Chantal
TREHIN Paul